Par-dessus tout : le fleurdelysé?
Par Brent Cowan
Un citoyen a récemment demandé pourquoi le drapeau canadien, qui est exposé avec ceux du Québec et de Pointe-Claire dans la salle du conseil, n'occupe pas la position d'honneur au centre. En bref, la loi québécoise exige que le drapeau du Québec soit toujours arboré ou exposé à la position d'honneur.
Le drapeau du Québec, ou fleurdelysé, doit également être arboré sur tous les bâtiments gouvernementaux, y compris les hôtels de ville, les hôpitaux, les bibliothèques, les écoles et les commissions scolaires. En se dotant d'une loi d'une telle portée, le Québec fait figure d'exception. La Saskatchewan exige que son drapeau soit arboré devant les écoles et l'Île-du-Prince-Édouard interdit les utilisations non respectueuses de son drapeau. Les autres provinces n'ont pas de loi ou ont une loi qui spécifie simplement à quoi doit ressembler à leur drapeau. Même le Canada n'a pas de loi prescriptive qui traite de son drapeau. Il a des règles d'étiquette et des règles que ses propres bureaux gouvernementaux doivent respecter, mais il n'a pas de loi.
En 2002, le gouvernement péquiste a mis à jour la loi sur le fleurdelysé et a établi sa portée unique. Il s'agit probablement d'une réaction aux sentiments exprimés par le premier ministre Bernard Landry lors d'une interview à la radio : <<J'ai beaucoup de respect pour le drapeau canadien>>, a déclaré Landry en réponse à une question du regretté Jean Lapierre au sujet de sa fameuse remarque sur "des bouts de chiffons rouges", <<Mais je peux en voir 12 de la fenêtre de mon appartement à Québec !>> Le décret qui suit rééquilibre le visuel dans la ville de Québec et, bien sûr, partout ailleurs dans la province.
Tu as peut-être remarqué, comme moi, que le seul drapeau devant le poste de police de Pointe-Claire (PDQ 5) est celui du corps policier lui-même (SPVM). La police est absente de la liste apparemment exhaustive de la loi sur les drapeaux. De toutes les organisations gouvernementales, soi provinciale ou municipale, la police est la seule à ne pas être obligés par la loi de mettre en avant leur subordination à l'État ! La police, qui peut contraindre les citoyens par la force, même la force létale, n'est donc pas tenue de rappeler quotidiennement qu'elle est responsable devant une autorité supérieure à la sienne ? Pourquoi cette omission ? S'agit-elle d'un oubli ou le gouvernement hésite-t-il à imposer ce symbole d'obéissance à la police ? Si on pense que les symboles sont importants, comme le fait manifestement le gouvernement, les deux explications sont plutôt troublantes.
Revenons à la question de la position d'honneur. La loi a, en fait, l'effet inverse de celui attendu, c'est-à-dire de promouvoir l'idée que le Québec a la préséance sur tous les autres gouvernements, y compris le gouvernement fédéral. Au lieu de cela, elle provoque la colère de ceux qui estiment que le Québec devrait reconnaître sa position de subordonné à l'autorité fédérale et elle sème la confusion chez tous les autres. Pourquoi sont-ils confondus ? Parce que, où que l'on aille, on passe tôt ou tard devant un regroupement de drapeaux où le drapeau canadien est à l'honneur. Puis, lorsqu'on passe devant une école ou un autre bâtiment des instances québécoise ou municipale, l'ordre des drapeaux pourrait être différent. Quelle en est la conséquence ? Pour l'observateur occasionnel, l'ordre des drapeaux ne doit pas être très important, ce qui diminue l'importance du drapeau en tant que symbole. Il devient une simple étiquette. Cela est d'autant plus vrai lorsque l'on constate que la loi québécoise sur les drapeaux, aussi ambitieuse soit-elle et cette dernière depuis 22 ans, n'est pas appliquée de manière cohérente. Mais cela pourrait bientôt changer, car depuis février dernier, le ministre de la Langue française s'est vu confier la responsabilité de l'application de la loi ! Ce rôle sera-t-il délégué à l'Office québécoise de la langue française ? Restez à l'écoute des fans de sport.